Carte des établissements français de l’Océanie
- Référence
- 8514
- Année
- 1865
- Lieu d'édition
- Paris
Carte rare du protectorat français en Océanie, comprenant l’actuelle Polynésie française ainsi que les îles Cook, datée de 1865. Il s’agit vraisemblablement de la première carte de la région publiée durant l’époque coloniale. Elle comprend les îles Marquises au nord-est, l’archipel des Tuamotu, les îles Gambier au sud-est, les îles Sous-le-Vent et les îles du Vent à l’ouest («archipel des îles de la Société») et les îles Australes au sud («Archipel Tubuai»). Elle est illustrée du drapeau du royaume de Tahiti sous protectorat, croisé avec le drapeau français, et de divers textes qui décrivent la situation des différents archipels. Cette carte témoigne du lent processus d’incorporation de ces îles à l’empire français. Tahiti, la principale île de la région, demeure dirigée par la reine Pomare. Les chefs traditionnels héréditaires conservent encore légalement certains pouvoirs, qu’ils perdront en 1866 au profit des conseils de district, élus. Certaines îles ont un statut encore imprécis : comme l’indique le texte, «le petit groupe d’îlots connu sous le nom de Gambier et situé à l’extrémité sud-est des îles basses forme une communauté distincte des États du protectorat», et le «pavillon français» y flotte depuis 1844. En effet, à cette date ces îles passèrent sous protectorat français, ce qui ne fut cependant jamais ratifié par le gouvernement français. Ce n’est qu’en 1881 que ces îles furent officiellement annexées par la France. Cette gravure fait partie d’une série de cartes coloniales publiée par ordre de Prosper de Chasseloup-Laubat, figure clé de l’administration coloniale française. Cet homme politique fut, entre autres charges, ministre de l’Algérie (puis de la Marine) et des Colonies en 1859, fondant pratiquement ce ministère, charge qu’il occupa jusqu’en 1867. Il fut en outre le promoteur de la Mission d’exploration du Mékong et du haut Song-koï, confiée au capitaine de frégate Ernest Doudart de Lagrée. Rareté : cette carte, publiée initialement dans la Revue Maritime et Coloniale, est très rare sur le marché. WorldCat (OCLC) en répertorie la présence dans seulement deux bibliothèques du monde : Paris (BnF) et Canberra (National Library of Australia).